Les techniques utilisées dans l'art du verre

Le matériau verre

Le verre et le cristal sont des matériaux privilégiés qui laissent passer la lumière, la multiplient, l'accrochent et la retiennent ou la décomposent en spectre. Le verre est composé en général de silice, de potasse, de chaux et de différents adjuvants selon la qualité que chacun désire trouver dans le verre.

Le cristal a les mêmes composants mais contient en plus un minimum de 24% d'oxyde de plomb sous forme de minium. Ces différents composants sont mélangés et fondus dans le « pot » de fusion à une température de 1350° pour le verre et 1250° pour le cristal. Pour certains verres spéciaux, la température peut être beaucoup plus élevée.

Travail à chaud

Le travail du verre à chaud peut se faire lorsque la température atteint un palier situé entre 800° et 1150°. A ce stade, le verre atteint la viscosité idéale pour sa transformation. Suivant les besoins de chaque artiste, le verre va être soit soufflé à la canne. soit moulé-pressé, soit moulé, soit coulé, soit thermoformé. soit chauffé au chalumeau, etc... Ces techniques transforment le verre « à chaud ». Le verre transformé sera ensuite recuit, le terme de recuisson signifiant un refroidissement lent et progressif, par paliers, selon une courbe déterminée à l'avance, destinée à annuler les tensions à l'intérieur du verre. Il pourra être ensuite taillé, gravé, sablé, collé, etc... suivant les techniques « à froid ».

Verre souflé

La plus répandue des techniques est le verre soufflé, cueilli en fusion à la canne creuse dans le four, puis soufflé, formé à l'aide de différents instruments tels que :

La bulle de verre chaud ainsi obtenue peut être colorée, épaissie, rendue opaque grace à tout un jeu d'oxydes, d'émaux, de feuilles de métaux, or, argent, cuivre, etc. composé et appliqué sur la forme puis recouvert de verre transparent. La couleur peut aussi recouvrir complètement la bulle de verre clair, c'est alors la technique du verre « doublé, » extérieur ou intérieur, qu'on peut également exécuter avec plusieurs épaisseurs de verre de couleur et souffler ensemble.

Le verre moulé pressé

Dans la technique du verre moulé-pressé. le verre en fusion est cueilli dans le four, coulé dans un moule métallique puis pressé par une forme métallique complémentaire, comportant éventuellement un décor. Cette technique permet de mouler des formes et des volumes de toutes sortes, le décor venant en creux ou en positif sur les faces choisies.

Fusing

La technique du fusionnement consiste à assembler des plaques de verre ou des morceaux de verre, à les placer dans le four électrique ou à gaz et à les monter en température pour qu'ils deviennent compacts et forment un bloc homogène. Plus librement, l'artiste peut réaliser un moule et, dans un four électrique ou à gaz, laisser fondre des plaques de verre sur le moule, pour modeler en quelque sorte le verre, puis arrêter le four quand la forme est satisfaisante. On parle alors de thermoformage.

Chalumeau

Le verre au chalumeau entre aussi dans la catégorie du verre à chaud : le verrier utilise des tubes et des barres de verre boro-silicate (type Pyrex) transparents de différents diamètres qu'il chauffe à la flamme du chalumeau et qu'il souffle. Il peut ainsi obtenir les mêmes effets colorés par des oxydes ou nitrates que sur les pièces soufflées traditionnellement, mais les objets réalisés sont beaucoup plus fins et légers. Le même procédé est utilisé pour la réalisation du néon, à partir de tubes de verre transparent ou coloré dans la masse, formés à la flamme puis remplis de différents gaz rares (argon, néon, krypton. xénon, etc.) qui le colorent.

La pâte de verre

Enfin la « pâte de verre » entre aussi dans les procédés à chaud. On réalise d'abord un moule en plâtre réfractaire d'après un modèle qui peut être en terre, en utilisant la technique de la cire perdue Dans ce moule, la pièce apparaît donc en creux. Le sommet de ce moule est creusé en forme d'entonnoir où sont disposés des morceaux de verre ou de cristal clair ou coloré.

Le moule est placé dans un four (électrique, à gaz, à bois, à micro-ondes) et monté jusqu'à la température de ramollissement du verre ou du cristal (autour de 900°).

Les morceaux de verre se transforment en pâte qui coule à l'intérieur du moule, remplissant la forme en creux. L'ensemble est refroidi très lentement puis le moule est cassé ou ouvert et l'objet en « pâte de verre » peut alors être achevé à la meule ou à l'acide.

En résumé, la transformation à chaud comprend une infinité de techniques, de variantes propres à chaque verrier, qu'il serait intéressant d'étudier séparément.

Située entre les techniques à chaud et à froid, parce qu'empruntant simultanément aux deux procédés et utilisée à Venise, une technique particulière consiste à coller entre elles, à chaud, des baguettes de verre coloré, puis à tailler la surface ainsi obtenue.

Travail à froid

Abordons maintenant les techniques dites « à froid » qui concernent des pièces soufflées, coulées, moulées, fusionnées, puis recuites, ainsi que les « pâtes de verre ».

La taille

Le principe de cette technique est d'user le verre ou le cristal avec des meules aux grains plus ou moins fins pour obtenir un décor ou créer une nouvelle forme. Le tour vertical ou horizontal actionné par un moteur, supportera d'abord des meules au carborundum qui attaquent le verre et dessinent l'ébauche : puis le dessin ou le volume s'affinent avec des meules aux grains plus fins (corindon) avec un filet d'eau qui coule en permanence et entraîne la poussière de verre, refroidit les meules et l'objet taillé. Après le stade de la taille, quand l'objet a sa forme définitive et que les surfaces apparaissent satinées et régulières, vient le stade du polissage avec la poudre ponce et les meules en liège, en feutre ou en peuplier.

L'éclat final, la touche qui donnera au verre ou au cristal toute sa transparence, résulte d'un polissage à l'oxyde de cérium à l'aide de la roue en liège ou en feutre. La taille peut être utilisée sur des verres à boire comme décor ou bien pour faire un volume dans un bloc massif et créer des jeux de lumière, des réflexions, des réfractions à l'intérieur du bloc.

La taille et le polissage « optiques » sont maintenant de plus en plus utilisés dans le domaine de la sculpture de blocs massifs en verre, donnant des surfaces parfaites, concaves, convexes et planes augmentant considérablement la réflexion et la réfraction.

Cette qualité « optique » est réalisée sur des tours horizontaux munis de plateaux en fonte tournant à vitesse réduite.

On utilise alors des poudres abrasives spéciales de grains de corindon de plus en plus infimes (de l'ordre du micron), additionnées d'eau, sur lesquels on taille le bloc déjà ébauché.

Les surfaces sont ainsi petit à petit affinées avant d'être polies à l'oxyde de cérium.

Des blocs ou des plaques ainsi soigneusement préparés, peuvent être collés entre eux ou assemblés à d'autres matériaux à l'aide de colles spéciales pour l'optique (colles Ultra-Violet ou à deux composantes). Mais le meilleur collage est l'adhérence moléculaire : il s'agit de faire adhérer deux surfaces de verre polies optiquement uniquement par l'adhérence des molécules des deux verres à assembler. Le principe de la gravure est le même que celui de la taille à une échelle plus réduite. Les meules permettent de dessiner un décor en usant le verre.

Gravure sur verre

Les graveurs utilisent principalement deux méthodes : La première est le tour à moteur comportant, comme le tour de taille, un axe sur lequel sont fixées des meules de différents types en cuivre, carborundum ou métalliques recouvertes de diamant ; c'est la méthode classique.

La deuxième méthode est le flexible auquel sont fixées des meules mues par un moteur à vitesse variable comme celui dont se sert le dentiste. On utilise cet instrument comme un crayon et on dessine le décor. Ces décors gravés peuvent être exécutés sur des objets soufflés : verres, vases clairs ou doublés ou bien sur des blocs.

Le sablage

Le sablage consiste à projeter un jet d'abrasif (carborundum, corindon ou sable) sur un objet de verre ; ce jet qui attaque la surface lui donne une apparence laiteuse mate. Il suffit de faire différents caches adhésifs et de créer un jeu graphique. Les parties exposées seront mates et les parties cachées, transparentes et polies. L'abrasif, suivant la force de son jet, peut attaquer profondément le verre et créer à l'intérieur de blocs, des volumes internes. On peut décorer de la sorte des objets doublés et obtenir des effets de couleur, de transparence et de translucidité. L'acide fluorhydrique est aussi utilisé en gravure avec le même procédé de caches (on utilise dans ce cas la cire ou les vernis utilisés en gravure traditionnelle). L'acide attaque alors les parties non protégées et crée de fins reliefs.

La peinture sur verre

Pour cette technique, il existe deux procédés : d'une part, l'émail à froid qui s'applique directement sur le verre et devient indélébile en séchant. D'autre part, l'émail à chaud, la peinture, les lustres, les grisailles qui, après avoir été peints sur le verre, nécessitent une cuisson entre 500° et 750°.

Pour finir

En conclusion, il est important de souligner que cette liste est incomplète et qu'il convient de pousser la curiosité à s'intéresser de plus près à la grande diversité que revêtent les expressions du verre, au support privilégié qu'il représente en tant que matériau d'expression plastique à part entière.